Imaginons quelques instants le casier judiciaire de notre industrie, la communication. Il est certain qu’il n’aurait rien à envier à celui d’un John Dillinger ou autre Lucky Luciano. Le verdict serait sans appel : accusé coupable. À notre actif, un passé sulfureux : détournement de vérité, créations de besoins superficiels, caricature de valeurs régressives. Bref, un passé aussi marqué que la joue d’Al Capone. En observant ces quelques photos, plus de 50 ans après les faits, les preuves sont irréfutables. Nous ne pouvions que plaider coupable.
Nous pourrions cela dit discuter pendant des heures de l’essence même de ces créations. Photographie d’une époque ou création d’une société ? Malgré tout le glamour et l’éloquence d’un Don Draper, la tendance serait pour une orchestration subtile des mœurs, le coup du grand détournement.
« C’est le passé ! » vous me direz, mais la tentation de tomber dans ces méandres est intemporelle.
C’est l’une des raisons pour laquelle la communication responsable a un sens et n’est pas qu’une alternative stratégique. Tout comme les Madmen,nous sommes conscients de l’influence que nous pouvons avoir sur les publics. Plus qu’une simple réflexion des mœurs, la communication responsable se doit d’utiliser toute son armada pour guider les publics et annonceurs vers une vision « responsabilisante » de la consommation.
Bien que cette exposition, un bien folklorique, soit aujourd’hui un reflet absolu de la société de consommation américaine post 2ème Guerre Mondiale, son absurdité n’est malheureusement pas annihilée par les pratiques d’aujourd’hui.
Le greenwashing n’en est qu’une variante moderne.
