Ce week-end, je me suis laissée surprendre par une pub et cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé...
Un décor minimaliste entre ciel bleu et eau pure, un couple de danseurs tout de blanc vêtus nous entraînent dans une danse à la fois sensuelle et aérienne, sur fond de concerto pour piano de Mozart. Et moi, pendant tout le film, de me demander : "Mais quel parfum est-on en train d'essayer de me vendre : Chanel, Dior, Kenzo... ?" Tout en me disant en même temps : "la vache, on se laisse haper, c'est beau et diablement efficace !"
Jusqu'à la signature : "Air France, faire du ciel le plus bel endroit de la Terre". Ouch, il fait mal cet uppercut-là : je ne l'avais pas vu venir.
A l'heure où les marques rivalisent de discours par la preuve et la réassurance - et ont parfois l'impression d'avoir tort quoi qu'elles disent - Air France fait le pari de l'ellipse ultime : nous faire oublier que son métier, c'est de faire voler des avions... Partant du principe que plus un mensonge est gros, plus il passe ? Peut-être... En tous cas je l'avoue, la publicitaire avertie (sur les ficelles du métier comme sur les enjeux du DD) que je suis s'est laissée prendre au jeu. Réalisation impeccable au service d'un minimalisme dans le traitement qui ne souffre pas l'à-peu-près : j'ai aimé cette respiration, ce moment un peu magique entre des écrans pubs bruyants et agités, où on ne me dit finalement rien si ce n'est peut-être, en subliminal, "nos avions servent aussi à rapprocher les gens" ?
Décidément, quand nous (les publicitaires) savons en jouer, nous disponsons vraiment d'armes d'émotion massive particulièrement redoutables...
Bénédicte
