Dans une tribune engagée du 28 octobre dans Les Echos, Jean-Luc Letouzé, président de Communication & Entreprise, réagit à la tendance actuelle des attaques systématiques contre les communicants. Dans un contexte de défiance croissante des publics vis-à-vis du discours des entreprises et des institutions en général, que les communicants soient une cible privilégiée n'a en soi rien de très surprenant.
Mais alors que faire quand on est une entreprise ? Prendre la parole, c'est risquer d'être suspecté au mieux d'exagération, au pire de manipulation. Se taire, c'est à coup sûr faire preuve d'une volonté de dissimulation. Et pourtant, la communication est la base de notre civilisation. Quand les mots manquent, que les non-dits règnent laissant la place à tous les fantasmes possibles, c'est trop souvent la violence qui vient combler la place laissée vacante.
Qu'une entreprise définisse et élabore une prise de parole cohérente et nourrie vis-à-vis de ses publics, puis partage les "éléments de langage" qui la structure avec l'ensemble de ses salariés n'est donc pas choquant. C'est même à mon sens une démarche plutôt responsable. Qu'un journaliste s'en étonne et présuppose qu'il s'agit d'un moyen honteux de manipulation me surprend davantage. D'autant plus que lui-même doit probablement s'inscrire dans le cadre d'une ligne éditoriale et qu'il n'y trouve rien à redire...
Information vs communication : le combat n'est pas nouveau. Et si l'on peut considérer que la plupart des journalistes font bien leur travail (vérifient leurs sources, ne travestissent pas les propos qui leur sont confiés et ne recherchent pas le "sujet vendeur" à tout prix), peut-être peut-on laisser également le bénéfice du doute aux communicants ? La majorité d'entre eux font aujourd'hui leur métier avec le souci de plus de transparence et de sincérité dans le discours, restent à l'écoute de leurs publics et tentent le plus fidèlement possible de se faire l'écho des réponses nouvelles des entreprises. On a quand même fait du chemin depuis l'ère de la réclame et de la propagande :-)
Bénédicte
