L’AACC et neuf agences membres lancent une campagne collective de lutte contre l’abstention aux élections.
Cette initiative est une première pour l’AACC : elle est à la fois publique et collective. Elle ambitionne de réduire un taux d’abstention s’élevant à 20% aux présidentielles et à 50% aux scrutins locaux et européens.
Neuf dispositifs et campagnes publicitaires créés par les agences retenues pour l’opération sont ainsi diffusés depuis le 25 mars sur plus de 40 supports, allant de la presse au Web, en passant par l’affichage, la radio et la télévision.
« M’abstenir ne m’a pas permis de m’exprimer davantage », peut-on lire sur l’une des annonces presse et affiches de la campagne L’abstention n’aura pas ma voix, de l’agence Ailleurs Exactement.
Un ton simple et direct, pour des campagnes ciblant principalement les 18-24 ans, les femmes au foyer, les chômeurs et les populations défavorisées. Des personnes qui partagent un sentiment d’exclusion de la vie politique et d’absence de représentativité, suscitant désintérêt et désillusion.
La portée de ces campagnes dépasse cependant le cadre de notre actualité électorale. Leur succès doit placer la communication et la créativité sous un nouveau jour : celui de l’intérêt général.
La position de l’AACC et de Démocratie et Communication est clairement affirmée : il est nécessaire de moderniser la communication politique française et de réviser une législation dont l’expérience a montré l’inefficacité. Autrement dit, ces deux organismes se prononcent pour l’autorisation de la publicité politique.
Car par souci d’équilibre et d’égalité des chances entre tous les candidats, la loi française interdit la publicité politique durant les 6 mois précédant une élection. Notre Code électoral évite certains écueils dont ceux de la législation états-unienne : autorisant le déploiement de gigantesques campagnes publicitaires durant les présidentielles, elle génère un système politique privilégiant les candidats les mieux pourvus. Des enseignements que le président du CSA, Michel Boyon, ne manque pas d’appliquer à la télévision : « cela [la publicité politique] avantagerait les plus riches », rappelle-t-il sobrement.
Evelyn Soum, présidente de l’association Démocratie et Communication, fait au contraire remarquer que ces restrictions françaises sont elles aussi perverses : « Il ne faut pas diaboliser la communication politique, c'est ainsi que l'on fait voter les gens et qu'on a un débat pluriel. D'ailleurs, dans plusieurs pays européens, c'est au contraire un décret d'autorisation qui fixe la date à partir de laquelle on peut commencer à communiquer à deux ou trois semaines avant l'élection. »
Car la France est aujourd’hui l’une des rares démocraties à limiter la communication politique. Dans ce système électoral laissant une place à la personnalité des candidats comme peu d’autres, on assiste paradoxalement à la marginalisation de la sphère politique du quotidien des Français.
Des Français pourtant moins opposés à la publicité politique que l’histoire de notre pays le suggère. On remarque même que le public lui étant le plus favorable correspond au cœur de cible de cette campagne collective (sondage Ipsos).
Les plus conservateurs qu’il reste à convaincre seraient donc les plus âgés d’entre nous et les sympathisants de gauche. Les premiers seront bientôt remplacés par les plus jeunes. Quant aux seconds, on verra le 6 mai prochain.
Joachim

















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